Nos hommes politiques manquent-ils de courage au point où ils se dérobent de leur responsabilité et adoptent la politique de l’autruche ? Un exemple : Aït Ahmed qui refuse de vivre en Algérie pour des « raisons de sécurité » ou parce que, comme il le dit « la situation n’est pas claire en Algérie », peut-il méditer l’exemple de Benazir Buhuto ? Loin de moi l’idée de lui conseiller de braver le danger mais la question mérite d’être posée devant la similitude des situations, le danger étant plus grand au Pakistan. Les autres hommes politiques se complaisent dans la situation d’attente de meilleurs moments, donnant l'impression d'appréhender leur audience auprès de la population. La campagne et le battage médiatique et populiste digne des années soixante (d’après les personnes âgées cela rappelle le temps de Benbella) semble avoir eu raison de leur courage.
En fait, qu’est devenu Ali Benflis, le farouche concurrent de Bouteflika aux élections présidentielles de 2004 ? Nos hommes politiques se terrent dans leur tanière de peur d’être happés par la machine « FLN-ETAT », cet ogre qui fait tellement peur. Une survivance des pratiques anciennes héritées de la période de la révolution et les pratiques dictatoriales (au sens de sévérité politique) durant cette période bénie par le régime par son « efficacité révolutionnaire » en un autre mot par la terreur et la torture et l’affaire Abbane Ramdane est là pour témoigner s’il en est de cette « efficacité révolutionnaire ». Combien d’innocents algériens, pour la plupart pauvres paysans, ont été victimes de cette « efficacité révolutionnaire » parce qu’ils ont été dénoncés par un voisin ou un concurrent pour une histoire de terre ou d’honneur qui trouve là une occasion pour assouvir une vengeance.
Les rares hommes politiques qui osent « faire quelque chose » comme l’appel de Aït Ahmed,Hamrouch et Mehri se trouvent victimes d’ostracisme médiatique que les média écrits indépendants n’arrivent pas à combler compte tenu que la majorité des potentiels citoyens électeurs se suffisent à regarder les uniques chaînes de télévision et radios qui n’ouvrent et ferment leurs informations que par la référence à Bouteflika et ses « clients politiques ». Les cris et gestucations pour un 3eme mandats se multiplient de jours en jours et on se demande qu’est ce qui fait courir tant de monde pour ce 3eme mandat avec des méthodes dignes des années soixante lorsque BENBELLA haranguait les foules en les faisant participer à des sortes de transes, on se croyait des siècles en arrière. Nos hommes politiques se tapissent dans leurs tanières et adoptent des situations qui renseignent sur leur stratégies (s’ils en ont) et se prêtent à des jeux malsains prenant en otage le peuple par le mensonge ( sur les performances réalisées sous le règne de Bouteflika)et la duperie ( par la manipulation éhontée des chiffres sur une prétendue croissance de l’économie nationale) mélangé à l’hypocrisie politique pour garantir leur survie dans l’arène nationale. Il est vraie que le pouvoir dispose d’une arme qui s’est révélée efficace, c’est celle de la télévision nationale et d’une méthode sans faille : le verrouillage de l’audiovisuel et l’expérience de la campagne électorale de 2004 est là pour dissuader le plus réfractaire des politiques. Cette expérience est restée ancrée dans les esprits comme un épouvantail devant les hommes politiques qui craignent pour leur avenir politique.
Le courage politique a ses risques que les hommes politiques ne veulent pas prendre. Sont-ils à ce point loin de leur électorat qu’ils appréhendent leur audience ? Donc le problème se situe dans l’ancrage des formations politiques au sein de la population et non dans le discours politique. Il s’agit donc de convaincre politiquement et combattre stratégiquement pour s’imposer dans la société. Ces formations politiques ont-elles une stratégie et une politique pour s’imposer et imposer leur politique dans le pays. Si les partis politiques n’arrivent pas à s’imposer c’est que leur concurrent le, fln, demeure, malgré le pluralisme de façade, l’institution qui symbolise à la fois le pouvoir, l’Etat, le régime et la révolution,et, surtout, qui dispose encore le pouvoir de distribution de la rente qui permet l’accès aux postes de responsabilité assimilé à l’Etat. Il n’y a qu à voire les luttes intestines récurrentes qui enveniment la vie de ce parti. Sa présidence revient au chef de l’Etat qui est l’homme omnipotent qui fait et défait les décisions et auquel on a recoure à n’importe quelle occasion et pour n’importe quelle cause ; une preuve ? Les pétitions que publient les journaux qui vont des comités de quartier qui lui demandent d’intervenir auprès des autorité locales pour des problèmes de proximité tels que l’adduction au gaz de ville ou la réfection des trottoirs, aux personnes démunies pour la prise en charge de leurs enfants malades. Une survivance du Zaïm dans la culture arabe. Ce parti qui a toujours existé par les avantages matériels et politiques qu’il procure à ses militants, assimilé à l’administration, ajouté à l’inculture politique et le discours populiste des responsables du fln qui ne cessent de « harceler » les citoyens par des slogans obsolètes mais qui collent par leurs symbolique et leurs référence au mythe de la révolution.
Cette réalité n’est pas une injure à la révolution mais les méthodes de gouvernance et de gestion de la chose publique doivent être en symbiose avec la nature du pouvoir et l’étape historique que ce lui-ci doit affronter car nous craignons de rester à la traîne des nations et de léguer aux générations futures (l’actuelle génération est naturellement appelée à disparaître qu’on le veuille ou non) une nation en retard politique difficile sinon impossible à combler.
Le seul acteur de la vie politique reste l’Etat symbolisé par Bouteflika.