A quoi sert la commission politique de surveillance des élections ?
A une question d’un journaliste sur l’issu des recommandations de sa commission ,Bouchaïr,président nommé , en juriste avisé, répondait que sa mission consistait uniquement à transmettre des rapports au Président de
Il semblerait que la seule mission pour laquelle cette commission a été créée consiste à répartir le temps de passage et le créneau horaire des candidats sur la chaîne nationale de télévision et les radios publics. Elle supplait le conseil supérieur de l’audiovisuel créé par la loi du même nom qui a été mise en veilleuse depuis janvier 1992 à ce jour pour à cause, semble-t-il, de l’Etat d’urgence, régime sous lequel vit le pays depuis cette date. Cette commission est utilisée comme argument pour donner plus de « crédit » aux élections vis-à-vis des ONG et de l’opinion publique internationale, d’une part et, de l’autre envers le citoyen électeur qui souscrirait à la politique du pouvoir de respecter le jeu démocratique. Autant celles-ci sont suspicieuses, autant celui là est diversement réceptif au message des décideurs : si les intellectuels ont depuis longtemps compris le message: laisser aller laisser faire; le citoyen moyen, lui, se désintéresse totalement de la chose politique. La période des années noires semble lui avoir donner raison. Une image caricaturale : en 1962, alors que les différentes factions du FLN de l’ALN et de l’Etat Major s’entretuaient pour le pouvoir, les citoyens sortent dans la rue et clament : « sept ans ça suffit » le message étant clair: que le plus fort gagne et assure la paix au citoyen. En 1992 le même scénario s’est reproduit : des citoyens qui avaient massivement voté pour le FIS le 26 Décembre 1991 ont basculé pour le pouvoir après avoir constaté la catastrophe de leur acte et la reprise par l'armée de la situation, en Janvier 1992.Ceci n’est pas une analyse socio politique mais une constatation des faits. Il reste à analyser ce phénomène de « basculement » qui n’est peut être pas propre à l’Algérie. Est ce de l’adhésion à une politique ou de l’opportunisme ?
Quant aux partis politiques ils trouvent leur compte à plusieurs niveaux et d’abord au titre de la représentation politique surtout pour les « petits partis » qui ne font leur apparition que durant ces élections pour entrer dans une hibernation durant le reste du temps. Ils ont été désigné à dessein comme des « partis saisonniers » par le FLN. Les militants de ces formations politiques peuvent affronter les critiques et faire face aux remarques des citoyens qui leur reprochent leur absence du terrain. C’est une façon de montrer qu’ils existent, mais malheureusement comme devanture politique seulement. C’est surtout l’occasion pour leurs dirigeants locaux et nationaux d’engranger des profits financiers et matériels.
En effet le coût financier de fonctionnement de cette commission se chiffre en milliards. Un calcul, se basant sur des données des autorités publics sur les avantages financiers et moyens matériels mis à la disposition des membres de la dite commission, aboutit à 1.441.440.000 da par jour, multiplié par 60 jours ,le minimum de temps que peut durer son fonctionnement, donne 86.486.400.000 da à raison de 300.000 da par jour et par membres à l'échelle nationale, 90.000 da pour la wilaya et 30.000 pour les membres des commissions communales. C’est la raison pour laquelle que les sièges de membre de commission se monnaient à des prix qui sont fonction du niveau de la commission ( exemple: 10.000 da pour être membre de la commission communale). Ce chiffre serait nettement inférieur au coût réel parce que beaucoup de dépenses (véhicules, carburant, personnel, téléphone, électricité…) ne sont pas pris en compte parce que difficilement quantifiable et supporté par le trésor public.
Alors la question mérite d'être posée: quelle est l'utilité d'une telle commission budgétivore? La réponse peut se résumer à deux phrases: 1)c'est un moyen de distribution de la rente donc elle fait partie du système rentier qui perdure depuis 1962. 2) c'est un alibi pour donner plus de légitimité et une illusion de démocratie aux élections.