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Pseudo: Haouès AbdelkaderCatégorie: PolitiqueDescription:
Mes impressions sur l'actualité politique en algérie sous toutes ses formes: locale,nationnale et internationnale à condition qu'elle ait un lien avec l'Algérie.
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Jeudi 13 Septembre 2007

 

 

            Coup sur coup voilà que le responsable de la cordination nationale des enfants de chouhadas( martyrs de la guerre d’Algérie) dans Liberté du 17/18 Aout 2007 et le responsable des moudjahidines(cambattants de la même guerre) se plaignent « de la domination des harkis dans  l’administration algérienne ». Mais le responsable des enfants de chouhadas va plus loins parce qu’il donne un chiffre :540 est le nombre de « hautes fonctions » occupées par les harkis selon m. khaled bounedjma.. Alors, une question simple : ce pouvoir des harkis ;Est-ce une chimère ou une réalité ?

 

 

         Nous pensons à notre humble avis qu’il y a une équivoque à évacuer c’est celle du vocable harki qui tend à regrouper toutes les personnes qui avaient collaboré ou souscrit de quelque manière que ce soit à la politique coloniale de la France en algérie. Alors que réellement il ne recouvre que les personnes qui avaient revêtu l’uniforme militaire et combattu à ce titre durant la guerre d’Algérie en qualité de supplétif dans l’armée française. Les autres types de personnes algériennes « indigènes » qui avaient plus ou moins soutenu ou collaboré avec les autorités coloniales : caïd, fonctionnaires, appelés du service militaire, ne doivent, étymologiquement et juridiquement,pas faire partie de cette catégorie. Mais la  « famille révolutionnaire » s’entête à englober dans ce vocable toutes les personnes qui, à un titre ou un autre, avaient, ne serait ce que travailler dans une ferme d’un colon ;et ils en veulent pour preuve les français qui avaient refusé de faire leur service militaire pour les uns ou qui avaient déserté les rangs de l’armée coloniale pour rejoindre l’aln pour d’autres.

 

 

              Après l’ouverture du champs médiatique et politique en 1990, des personnalités de la « famille révolutionnaire »  même s’étaient élevé contre le « phénomène des faux moudjahidines ».Parmi ceux-ci le plus connu est Mellouk, un haut fonctionnaire du ministère de la justice qui a dénoncé ces « faussaires » au sein de ce même ministère mais qui a été condamné par la justice pour, semble t-il, dénonciation calomnieuse. Alors quelle est la part de vérité dans ce débat ?

 

 

Il nous semble de prime abord que ce débat est motivé par les immenses avantages financiers (montants exorbitant des pensions, prêts non remboursables ou remboursés par le trésor public), matériels (distribution de terrains, locaux, véhicules, entreprises)des exonérations et exemptions diverses(gratuité des transports, licences de véhicules et d’exploitation de commerces et services tels que cafés,hotels et taxis)exemptions ( de l’examen d’entrée à l’université ou octroi de notes supplémentaires pour leur faciliter l’entrée à l’université, attribution de notes de bonification pour accéder aux fonctions publics, réduction des délais etc…)avantages aux fonctionnaires : promotion plus rapide, facilité d’accès à des emplois supérieurs, retraite plus avantageuse en délais et financièrement. Exemple: si vous êtes inspecteur et qu'un concours pour accéder au grade d'inspecteur principal et que vous vous trouvez en concurence avec un enfant de moudjahid, eh bien sachez que celui-ci est dispensé du concours c'est à dire qu'il accède directement au dit emploi sans passer par le concoours même si vous prouvez que vous êtes plus compétent .

     Ces  immenses avantages doivent faire l’objet d’une étude économique approfondie pour mesurer l’étendu des dépenses occasionnées au trésor public par de tels privilèges. A cette occasion nous  vient à l’esprit un documentaire sur les anciens révolutionnaires vietnamiens dans lequel un grand responsable de cette révolution vivait modestement et s’en réjouissait. De plus cette catégorie de citoyen est dispensée de justifier de sa fédèlité « à l’esprit de la révolution du 1er Novembre 1954 » comme l’exigeait le fameux article 120 des statuts du FLN, qui est toujours en vigueur contrairement à l’apparence, soit directement soit par son introduction dans le code électoral, pour justifier que le candidat à la présidence de la République (s’il est né avant le 1er Juillet 1942)  ou ses parents(s’il est né après cette date) n’avaient pas eu « une attitude contraire à la révolution du 1er Novembre 1954 ».

 

 

         Donc on voit bien que la cause de cette levée  de bouclier n’est pas motivée par  l’intérêt du pays mais par les avantages et privilèges que l’Etat – le régime représenté par  « la famille révolutionnaire »- a créé depuis l’indépendance. Donc c’est la rente distribuée qui pousse les « dénonceurs » à cette « provocation ». Pour s’en convaincre il n’y a qu’à regarder le budget alloué au ministère des moudjahidines qui est le 3eme après celui de la défense et de l’éducation nationale dont les montants sont surtout  justifiés par les salaires des  effectifs constituant la majorité de la fonction publique alors que  le montant réservé  au ministère des moudjahidines est destiné uniquement au payement  des pensions exorbitantes servis aux moudjahidines,leurs  veuves et filles, veuves et filles   de martyrs( celles-ci même mariées ont droit à cette pension).

 

 

Il faut à ce propos dire  qu’au sein même de la « famille révolutionnaire » les « dénonceurs » opèrent une différenciation entre les militaires hauts gradés de l’armée qui avaient servis dans les rangs de l’armée française et déserté celle-ci pour rejoindre l’aln et ceux qui avaient rejoint le maquis directement, pour la plupart des paysans qui avaient souffert de la domination coloniale et ils reconnaissent implicitement mais parfois explicitement le mérite de ceux ci par rapport à ceux là car expliquent-ils les 1er avaient bénéficié des « bienfaits » de la colonisation pour la plupart, fils de hauts dignitaires indigènes à l’époque de la colonisation : caïds,députés,hauts fonctionnaires….mais ceux-là rétorquent qu’ils avaient abandonné tout le confort que leur procurait le colonialisme pour rejoindre la révolution. Réponse à laquelle répliquent les « moudjahidines des djebels » que leur adhésion à la révolution avait été tardive et ce n’est que lorsqu’ils avaient constaté que la victoire de la révolution était inéluctable qu’ils l’avaient rejoint. Ce qui n’a pas toujours été le cas mais la critique en Algérie a tendance à généraliser parce que la majorité des citoyens qui suivent ce débat ne connaissent que rarement les biographies des hommes politiques parce que le régime a toujours rechigné à « dévoiler » les biographies des hommes politiques qu’il se plais à maquiller en cachant carrément des pans entiers de leur vie et l’exemple est celui de la biographie officielle du président Bouteflika qui est amputée du lieu  de naissance tout simplement parce qu’il est né à Oujda au Maroc. Ors, d’après les décideurs,   dire que Bouteflika est né à Oujda introduirait un doute dans l’esprit des algériens que leur président est… marocain.

    Pour revenir au sujet des harkis, il avait toujours été considéré comme un argument de débat  « par défaut » par les politiques algériens issus de « la famille révolutionnaire » et nous nous rappelons la réponse de Bouteflika sur France 2  sur le retour des harkis qui avaient choisi la France au lendemain de l’indépendance, le président algérien avait rétorqué par une comparaison c’est celle de  "serrer la main à un collabo pour un français » le moins qu’on puisse remarquer de cette comparaison c’est son incohérence et son inopportunité.

     On remarquera que le sujet de la puissance des harkis dans l’appareil administratif algérien  reste à prouver ; mais les dirigeants politiques algériens continuent à en faire cas, 45 ans après l’indépendance. Ce qui nous parait à nous une diversion politique est en réalité destiné à une consommation interne mais aussi est dirigé vers la population algérienne prête à la digérer pour des raisons politiciennes tenant à l’aura et au prestige «  de la glorieuse révolution et du pays des 1,5 million de martyrs » dont ne se sont pas départis cette catégorie de la population qui constitue la majorité du fait de sa disponibilité intellectuelle et politique découlant d’abord de l’étroitesse des visions imposée par le système de communication basée sur la chaîne unique de télévision et la radio nationale, malgré la percé des chaînes satellitaires et les journaux indépendants qui ne peuvent être lus par cette catégorie à cause de son niveau intellectuel (il y a selon les déclarations d’officiels algérien plus de 8 millions d’analphabètes).

 

 

    En conclusion on peut dire que le sujet des harkis est un argument politique pour les tenants du régime qui le perpétuent afin de se maintenir  parce que ce régime est actuellement dans sa phase de décadence et en décalage avec les réalités sociopolitiques du pays il essaie par cet argument mythique d’assurer sa transition vers la composante de la  génération qui répond le mieux à ses intérêts politiques et économiques c'est-à-dire les héritiers de « la famille révolutionnaire » : les enfants de martyres et de moudjahiddines(combattants de la révolution).           

 

 

 

 

publié par Haouès Abdelkader dans: politiquementcorect
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