Rabah kébir déclarait,en réponse à une question, lors d'une conférence de presse après son retour au pays:"quand le PPA (Parti du Peuple Algérien) a été interdit, d'autres partis ont pris le flambeau et il y a eu l'indépendance". Comme M.Kébir ose la comparaison continuons et disons que selon cette comparaison le FIS des années quatre vingt dix est équivalent au PPA des années quarante que l'Etat algérien de la même période équivaut à l'Etat français colonial. Continuons la comparaison: les colons sont des algériens ( l'Etat,l'armée),l'oppresseur est algérien ( les dirigeants,gouvernants,militaires), les victimes de l'oppression sont algériens ( les militants du FIS,et,pourquoi pas? les égarés, terroristes, groupes armés) le terme doit être conforme aux affinités et sensibilités des uns et des autres.
Mais on ne peut arrêter la comparaison à ce niveau; parce que toujours selon cette déclaration l'Etat Islamique finira par s'instaurer. Faut-il pour autant dire que le peuple algérien sera libéré? De qui? Pour reprendre le lexique qui convient à l'intervenant: du "pouvoir (régime) impie". Nous, citoyens que nous sommes; sommes sollicités par d'autres parties qui se portent à notre secours: le FFS qui veut, lui aussi, nous libérer des "griffes des militaires". Outre mer d'autres voix aussi, se font entendre pour nous libérer du "pouvoir (régime) dictatorial". Tout ceci a une odeur de déjà vu et vécu, l'Irak! Par sa qualité de membre de la ligue arabe, l'Algérie se trouve exposées à ce genre de critiques parce que tous les pays membres de cette ligue le sont à des degrés différents. Aucun pays composant cette auguste organisation (le terme ligue convient mieux), atteinte d'aphasie parce que le temps s'est arrêté pour elle en 1945, n'est exempt de contestation de sa légitimité par ses propres citoyens. C'est une amère réalité que nous devons accepter comme postulat pour commencer à résoudre une partie (une partie seulement) du problème de légitimité qui colle à nos dirigeants et nos régimes. Alors de grâce que les rôles se clarifient et que chacun s'occupe de ce dont il doit s'occuper et, surtout, que les choses soient désignées par les termes qui leur conviennent ; pour commencer : que l'Etat veille à l'application des lois, que les citoyens (le responsable politique est aussi citoyen)acceptent ces lois, que la classe politique (au cas où elle existe) joue le rôle qui est le sien, que la société civile se libère de la tutelle politique (héritage du parti unique!) et soit présente sur le terrain, à l'écoute du citoyen,enfin et surtout que les dirigeants aient le sens du service public. C'est l'opinion d'un simple citoyen à une déclaration qui, sous d'autres cieux, aurait fait des vagues.