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Pseudo: Haouès AbdelkaderCatégorie: PolitiqueDescription:
Mes impressions et points de vue sur l'actualité politique en algérie sous toutes ses formes: locale,nationnale et internationnale à condition qu'elle ait un lien avec l'Algérie.
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Mercredi 11 Octobre 2006

                El watan du 9/10/2006 rapportait dans sa page 7 une information faisant état du blocage par le ministère de la participation et des promotions de l'investissement d'un marché de rénovation de l'hôtel elaurassi  décidé par les organes de l'entreprise à savoir le CPE (conseil des participations de l'Etat) l'assemblée générale et le conseil d'administration, seuls habilités selon la législation pour gérer les affaires de ladite entreprise. Selon ces données préliminaires l'hôtel elaurassi n'est pas tenu de respecter l'instruction ministérielle ou, en cas de pressions, le directeur général doit saisir la chambre administrative pour faire annuler l'instruction en application des règles du code de commerce qui seuls s'appliquent à cette entreprise sans l'intrusion de l'autorité ministérielle (d'abord en tant que telle mais surtout parce que l'entreprise recevant l'instruction ne relève pas de sa tutelle). Mais, apparemment et d'après les termes de l'article les dirigeants d'elaurasi ne veulent pas soumettre ce litige à la justice mais plutôt s'en remettre aux "hautes autorités du pays".

           Dans le même journal à la page 9 un autre conflit qui oppose les étudiants postulants au concours de résidanat de la faculté de médecine de Tlemcen au rectorat pour un problème de noms de candidats qui "ont été affiché comme gagnant alors qu'ils n'avaient pas participé au concours" et les étudiants contestataires de déclarer :"si les choses restent en l'état nous aurons recours à la justice".

     Voilà pour l'information brute rapportée par le quotidien el watan. Maintenant, que dire de ces deux positions diamétralement opposées face à un conflit avec une autorité de l'Etat? S'il est admis que le citoyen rechigne à soumettre ses litiges à la justice il en est différemment lorsqu'il s'agit d'une entreprise publique qu'est  l'hôtel elaurassi. Il ne s'agit pas de l'adage:"vaut mieux un mauvais arrangement qu'un bon procès " qui serait valable pour un gain de temps et de dépense en plus des bonnes relations des deux protagonistes mais ici le problème est relatif à la méfiance envers la justice lorsqu'il s'agit d'un litige qui met en cause une institution de l'Etat et dont les interrets sont autrement plus importants comme c'est le cas pour elaurassi dont les convoitises des investisseurs n'échappent à personne. D'où la propension des intéressés à poser le problèmes aux autorités politiques plutôt qu'à la justice qui est perçue à tort ou à raison comme une fonction au service du gouvernement ( Etat, Régime, Parti du FLN étant presque systématiquement considérés commes des synonymes par les citoyens). à travers ces deux attitudes ( les dirigeants d'une entreprise, et les étudiants) on peut percevoir l'antinomie de la vision des choses :autant les uns, les dirigeants d'elaurassi, plus expérimentés ,plus murs et au fait des réalités, sont pragmatiques ( opportunistes), autant les autres,les étudiants, naïfs et coupés du terrain et ignorant les pratiques de coulisse, sont idéalistes. Cet état d'esprit leur permet de penser réellement aux institutions d'une république digne de ce nom et de croire en l'indépendance de la justice. Alors que leurs parents et aînés plus "aguerris" aux pratiques de nos dirigeants politiques et à leurs méthodes faites de ruses et de manipulation ,à une appropriation de la république et  ses institutions à des fins claniques et étroitement politiciennes leur conseilleraient plus de "prudence" pour recouirir à l'arbitrage par éxemple d'une autorité ( Wali, ministre, Président de la République). Cette méthode est plus bénéfique et profitable que le recours à la justice ( les journaux regorgent de ces "lettres ouvertes" qui sont de véritables pieds de nez à la justice). 

  Pour s'en convaincre on n'a qu'à décortiquer et observer les mouvements et promotions des magistrats qui font eux mêmes les frais de cet état de fait réel: pour cette année judiciaire ces mouvements interviennent au mois d'octobre c'est-à-dire bien après les rentrées sociales et scolaires, des mutations qui perturbent la vie des magistrats dont les enfants sont déjà scolarisés et les époux exerçant dans d'autres secteurs installés ( il parait que dans les pays dévellopés le magistrat, nonobstant sont inamovibilité, est informé de sa mutation au mois de Mai ). Le régime sait comment remercier les uns pour service rendu et sanctionner d'autres pour non respect de consignes. Des exemples! En voilà: monsieur berradja ex procureur général d'Alger est promu 1er président de la cour suprême. Ce procureur général est celui qui a réuni la chambre administrative de la  cour d'Alger le 01/10/2003 de nuit pour déclarer "illégal l'organisation du congrès extraordinaire du FLN" dont le but était de présenter Benflis comme candidat concurrent de Bouteflika. D'après la presse ce magistrat est partisan d'une "relative justice, celle de la loi et des hommes" une extrapolation pour dire une justice "doit" tenir compte des humeurs. Cet arrêt a été annulé par le conseil d'état qui a estimé que la cour d'Alger ne peut connaître de ce litige qui relève des organes internes du parti. La présidente de ce conseil a été limogée  (j'ignore sa situation actuelle), elle a été remplacée par un autre magistrat qui, dans le même litige, cette fois au fond, a jugé que les dirigeants issus du 8eme congrès du FLN n'étaient pas habilités à organiser un congrès extraordinaire et décide de geler les fonds ,comptes et  exercice de toute activités du parti jusqu'à l'organisation d'un congrès, congrès qui n'a pu avoir lieu qu'après le retrait de Benflis au lendemain des élections présidentielles d'avril 2004, lesquels avaient scellé l'activité politique qui se concentre actuellement sur la  seule personne du président de la république, monopolisant le champs médiatique audiovisuel ( ce qui explique l'engouement des intellectuels algériens pour les chaînes paraboliques et les espaces Internet).D'ailleurs même le président du syndicat des magistrats qui a été parachuté dans les mêmes conditions préélectorales du président , a estimé illégale la gestion de la carrière des magistrats par le ministère de la justice alors que ,légalement elle doit échoir au conseil supérieur de la magistrature; mais cette déclaration n'est faite que pour s'attirer la sympathie des confrères sans remettre en cause le pouvoir politique. Le discours du président à l'ouverture de  l'année judiciaire est destiné, tout le monde l'a compris, à son électorat national constitué  de l'immense majorité d'analphabètes (8 millions, selon les statistiques officielles), pour le reste, le président se contente de  les narguer, applaudi par ses électeurs et soutenu par son entourage clanique, clientéliste et régionaliste. Ce discours qui critique d'une manière caricaturale le travail des juges  qui ne satisfait pas le président de la république. C'est justement ce qu'attend l'électeur potentiel comme  décrit plus haut pour qui tous les cadres de l'Etat sont "corrompus sauf Bouteflika" ; d'ailleurs  il parait que cette phrase est devenu un tube dans nos stades de football.                                         

      En conclusion l'indépendance de la justice se vérifie dans des affaires dont les décisions auront une incidence politique, et dans lesquelles elle a prouvé qu'elle n'est pas apte à aspirer à une indépendance totale, se plaisant peut être mieux dans cette situation .Est-ce une question de compétence des magistrats? Espérons que non. Mais que c'est une situation qui relèverait plus de la volonté politique de laisser la justice juger. Certains rétorqueront certainement que les magistrats doivent lutter pour leur indépendance. A ceux là je répondrais avec modestie: ce serait méconnaître les arcanes et les méthodes de nos dirigeants et leurs  soutiens , se trouvant dans tous les rouages et les institutions: le magistrat n'est qu'un citoyen qui aspire à une vie tranquille.

 

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