Lu dans El watan du jeudi 5 Juin 2008: table ronde :" l'Algérie 1963 :l'An I de l'indépendance" à
avec la participation de Mohamed Harbi, histotorien et actuer de la guerre d'Algérie , Lemnouer Merouche directeur du Moudjahid en arabe en 1962 , Fadela M'barek animatrice radio à l'époque des faits ( 1962), Pierre Chaulet Medecin à l'hopital Mustapha , Hocine Zehouane: tous apportent leur témoignage de l'époque (1962)
Dans la même page - 32- "La honte" par Tayeb Belghiche rapporte l'interdiction des autorités du recueillement que devaient faire des personnalités sur les tombes de Henri Maillot et Maurice Laban "Quelle ne fut la surprise des organisateurs lorsqu'ils étaient informé par les autorités qu'il faut au préalable une autorisation pour aller au cimetière "
On relèvera dans les deux articles le point commun de l'inconsistance et l'incohérence des décisions des autorité algériennes devant des situations qui leur échappent totalement. Ces situations sont certainement la conséquence d’absence de visions idéologique et de stratégie politique qui caractérisent notre régime dont les dirigeants se distinguent par la prévalence des questions de choix de personnes au détriment des questions de fond.
Harbi remarque que les décideurs étaient divisés sur l'organisation de l'Etat : "comment doit s'opérer la convergence entre les différents groupes de résistance? Est ce qu'on doit opter pour un Etat central, est ce qu’on doit consacrer le pluralisme ou faire du FLN un parti unique? Devons-nous étatiser les biens ou les privatiser? Au sein des élites du GPRA, il est tranché pour l'étatisation. Concernant la gestion, il y avait à choisir entre l'expérience chinoise et l'expérience yougoslave. Benbella a décidé de se référer à cette dernière. »
Les acteurs de l’époque de l’indépendance nous le confirme, l’Algérie avait pris un mauvais départ en 1962 à cause du comportement des décideurs du FLN-ALN où on sentait que celui-ci manquait visiblement de vision à long terme, de stratégie politique et de vision idéologique, pour preuve le caractère tatillon des choix politiques essentiels qui avaient été adoptés à l’époque à l’exemple de la forme de gestion des biens immobiliers abandonnés par les colons, de la constitution, et de la politique économique, choix remis en cause sous la pression de la rue en 1988. On a là une expérience réelle de la politique du régime algérien qui agit au cas par cas sans aucune intelligence que celle des avantages et privilèges personnels étroit de personnes à la recherche de l’aisance matérielle. Est- ce a dire que notre révolution n'a pas eu ses idéologues et intelectuels? Loin s'en faut, mais ceux-ci n'avaient pas de pouvoir, soit décisionnel soit celui de convaincre. D'ailleurs et jusqu'à aujourd'hui nos dirigeants politiques se méfient des intelectuels. Pourquoi? Ceci est un autre débat,restons dans le tatonnement des décideurs dans la gestion politique du pays.
Des moudjahidines descendus des montagnes ou venant des frontières s’étaient trouvés investis de pouvoirs immenses ; alors ils se sont fait assister de « conseillers » venant des 4 coins du monde surtout marxistes et baathistes qui avaient fait de notre pays leur laboratoire pour des idées qu’ils n’avaient pu « placer » ailleurs. Mais Harbi avouait qu’en sa qualité de conseiller il ne pouvait influer sur les décisions politiques. Cette affirmation conforte l’idée que le pouvoir a toujours tendance à se méfier de ses citoyens, qui plus est des cadres , une autre tare qui découle des carences précédemment citées. C’est une opinion qui est plus que prouvée. Alors que dans les pays qui se respectent il est exigé du cadre politique d’un certain niveau naturalisation et une enquête poussée des services compétents. Ce sont ces tares du régime algérien qui le distingue d’autres nations.
Des congrès des instances dirigeantes du fln-aln avaient pris plus de temps que prévu avec des records, comme la réunion des chefs militaires en 1959 qui avait duré 100 jours ( El Watan du 27/01/2008 P.22) ou le congrès du CNRA de tripoli en 1962 (du 25 Mai au O7 juin 1962) , pour aboutir à un échec à cause de choix de personnes aux postes de responsabilités, régionalisme et clanisme aidant,chacun voulant placer ces hommes. Les questions de stratégies politiques sont expédiées en un tour de main et une fois le problème du choix des personnes posé les présents n’arrivent (utilisons le présent parce que le problème perdure) plus à se mettre d’accord sur la personne et chacun voulant être le chef ou placer un homme de son clan et on assiste à un marché où l’essentiel est sacrifié pour le superficiel et le conjoncturel préféré au long terme. Le but pour nos dirigeants est de « sauver leur peau » et de perdurer quelque soit le sacrifice. Le résultat est que après plus de 50 ans d’indépendance les dirigeants ne disposent d’aucune stratégie politique ou économique à long terme mais se trouvent à tâtonner dans leur prise de décision une fois pour gagner la paix sociale,une autre pour assurer leur maintien dans le pouvoir ou faire plaisir à des puissances en mélangeant les modes de discours pour la consommation interne jouant sur la fibre du nationalisme ou externe dosé de références à la "démocratie et au respect des droits de l’homme" et autres arguties dont ils sont experts, ambivalence de discours qui aussi une caratéristique de nos hommes olitiques. Le peuple algérien semble avoir longtemps convenu avec ses dirigeants de certaines lignes rouges à ne pas dépasser qui ont trait à son nationalisme ( dont l’origine est la guerre de libération nationale) à sa religion dont ils abusent sans vergogne du monopole de la radio et la télévision donc accessible aux citoyens qui constituent la majorité.
Harbi rapportait qu'une fois la guerre terminée, les femmes étaient obligées de porter le voile parfois sous peine de sanctions comme se fut le cas à Oran. Les moudjahidates, à l’exception de celles d’Alger, ce qui est une autre aberration de l’Algérie de voire deux statuts appliqués à une même situation selon qu’elle se passe dans la capital ou à l’intérieur du pays, se rappellent qu’au lendemain de l’indépendance elles étaient sommées de rester au foyer et , pour celles, rares qui travaillaient d’observer certaines règles strictes à ne pas violer,porter le voile,se faire discrètes, et, ne pas s’occuper de politique. Ce ne sont pas les quelques rares femmes avocates,médecins ou professeurs qui remettront en cause ces "principes". Il a fallu attendre l’avènement de Boumédiène et plus tard Chadly pour que le régime fasse appel aux femmes pour servir de devanture et assurer la propagande du régime.
Donc le déficit de stratégie politique et de visions idéologique du régime est malheureusement une constance qui perdure et dont les conséquences sont le « tâtonnement » des dirigeants en politique qui est la source des problèmes que le pays ne cesse de vivre. Exemple : les évènements d’Octobre 1988 avaient été qualifié au début de « chahut de gamins ». En Janvier 1992 les autorités déclaraient que quelques jours ou au plus quelques semaines allaient suffir pour venir à bout de" ces brebis galleuses". Celles-ci continuent malheureusement en 2008 à endeuiller des familles en paufinant les méthodes. Lors des évènement de Kabylie en 2002 notre président s’envola quelque part en Afrique pour assister à une conférence sur le sida alors que le sang des citoyens de cette région coulait ( presqu'à la même époque on avait vu le président Chirac écourter sa visite en Chine et regagner le pays parce que le mauvais temps avait causé la mort d'une personne) et notre ministre de l’intérieur qualifiait le jeune lycéen mort dans une brigade de gendarmerie de vulgaire délinquant sans se déjuger par la suite à défaut de reconnaître son erreur, ce qui n'arrive jamais à nos hommes politiques; zaîmisme oblige, ils ne se trompent jamais. En 2005 le régime recule devant la fronde des jeunes de la région en souscrivant à certaines revendications, mais c’était, reculer pour mieux sauter. Notre régime a toujours usé de ce mode opératoire: donner l'impression de répondre ( céder) devant la fronde populaire et reprendre la main avec les mêmes manières après le calme.octobre 1988 est passé par là. La solution? Pour paraphraser un professeur d'Histoire politique de l'Algérie qui nous disait dans les années soixante dix "Le FLN n'a pas su faire sa transistion d'un parti de lutte pour l'indépendance à un parti de lutte politique". Disons clairement que le problème se pose en terme de génération: la France, avec l'avènement de Sarkozy, en a fini avec l'ossature politique du pays qui avait fait la guerre d'Algérie; chez nous nous continuons en 2008 à exiger "la participation à la glorieuse révolution de Novembre 1954" des hommes appelés à nous diriger. Des nations nous avaient devancé, nous ne sommes pas unique (contrairement à ce qu'on essaie de faire croire) en ce genre qui fait perdurer une génération pour services rendus en matière de lutte pour la liberté citoyenne et l'émancipation de l'homme. Les réalités sont là à s'imposer à nous. On ne peut ni marginaliser ni opérer un tri par généalogie des jeunes et des intelectuels dont les conséquences sont les harragas et le fuite de cerveaux. La réalité finira toujours par s'imposer quelque soient les intrigues et les ruses. L'essentiel est que cette réalité soit la conséquence de choix mûrement réfléchis par des dirigeants don,t le seul but est le bonheur des citoyens, ce qui est tout à leur honneur, au lieu d'être imposée par une action de la rue ou, osons le mot une révolte,dont les dégats seraient incalculables et surtout insupportables pour nous autres citoyens que nous sommes et dont nous seront comme nous l'avons toujours été les seuls perdants. Attention; ce n'est pas une insulte à l'Histoire qui reste une donnée réelle à ne pas dépasser ni reléguer au second plan, mais le monde évolue et les personnes prennent de l'age.
ça y est! le portrait de bouteflika fait son entrée dans les stades de foot en Algerie comme tous les pays arabes, moins le liban, où on voit les protraits des zaïms au milieu des spectateurs et dans les abords des aires de jeu. Chez nous bouteflika investit les stades de toutes les villes , moins ceux de Tizi Ouzou et de Bejaïa, l'Algérie vient de se ranger dans le cercle des pays arabes qui encensent le zaïm.
Heureusement que nous sommes revenus à nos origines arabo-musulmanes, car, de mémoire d'algériens, les prédécesseurs de bouteflika, de boumédiene à Zeroual, n'avaient pas leur place dans les stades de sport. Cette fois, ça y est! Nous sommes des arabes comme tous les arabes de "l'océan au golfe". C'était une insulte que de faire exception à ce monde qui vénère ses dirigeants par crainte ou par peur que par respect pour leur rang. Nos "frères arabes" ne peuvent pas maintenant nous reprocher notre arabité comme ils le faisaient pour les libanais dont le premier ministre a été obligé de pleurer en pleine réunion pour prouver son arabité. Bouteflika a acquit son 3eme mandat et benbella de réclamer le 4eme parce que, d'après lui il n'y a pas d'autres algériens qui peuvent le remplacer. Pauvre algérie ! la voilà attachée à un seul homme sur 34 millions, record qu'aucun autre pays ne peut battre. Il ne faut pas oublier que Benbella était parmi les 100 % de participants et de votants pour saddam avant l'invasion américaine. Au lendemain de celle-ci nous avons pu vérifier qu'au moins quelques % de ces 100 % étaient réjouis de sa chute. L'oncle sam sait bien faire passer le message aux dirigeants arabes: « voilà ce qui vous attend messieurs les Zaïm des temps modernes » , tout en saupoudrant cette image par des projets à l'intention des peuples du genre MENA, pour amadouer les recalcitrant et protéger les "modérés".
Pour conclure; posons une question: quel est le le chef d'Etat arabe ( roi ou président de république ou émir) à part au liban, qui ait quitté le pouvoir autrement que dans un cercueil ou par un coup d'Etat?
Nos hommes politiques manquent-ils de courage au point où ils se dérobent de leur responsabilité et adoptent la politique de l’autruche ? Un exemple : Aït Ahmed qui refuse de vivre en Algérie pour des « raisons de sécurité » ou parce que, comme il le dit « la situation n’est pas claire en Algérie », peut-il méditer l’exemple de Benazir Buhuto ? Loin de moi l’idée de lui conseiller de braver le danger mais la question mérite d’être posée devant la similitude des situations, le danger étant plus grand au Pakistan. Les autres hommes politiques se complaisent dans la situation d’attente de meilleurs moments, donnant l'impression d'appréhender leur audience auprès de la population. La campagne et le battage médiatique et populiste digne des années soixante (d’après les personnes âgées cela rappelle le temps de Benbella) semble avoir eu raison de leur courage.
En fait, qu’est devenu Ali Benflis, le farouche concurrent de Bouteflika aux élections présidentielles de 2004 ? Nos hommes politiques se terrent dans leur tanière de peur d’être happés par la machine « FLN-ETAT », cet ogre qui fait tellement peur. Une survivance des pratiques anciennes héritées de la période de la révolution et les pratiques dictatoriales (au sens de sévérité politique) durant cette période bénie par le régime par son « efficacité révolutionnaire » en un autre mot par la terreur et la torture et l’affaire Abbane Ramdane est là pour témoigner s’il en est de cette « efficacité révolutionnaire ». Combien d’innocents algériens, pour la plupart pauvres paysans, ont été victimes de cette « efficacité révolutionnaire » parce qu’ils ont été dénoncés par un voisin ou un concurrent pour une histoire de terre ou d’honneur qui trouve là une occasion pour assouvir une vengeance.
Les rares hommes politiques qui osent « faire quelque chose » comme l’appel de Aït Ahmed,Hamrouch et Mehri se trouvent victimes d’ostracisme médiatique que les média écrits indépendants n’arrivent pas à combler compte tenu que la majorité des potentiels citoyens électeurs se suffisent à regarder les uniques chaînes de télévision et radios qui n’ouvrent et ferment leurs informations que par la référence à Bouteflika et ses « clients politiques ». Les cris et gestucations pour un 3eme mandats se multiplient de jours en jours et on se demande qu’est ce qui fait courir tant de monde pour ce 3eme mandat avec des méthodes dignes des années soixante lorsque BENBELLA haranguait les foules en les faisant participer à des sortes de transes, on se croyait des siècles en arrière. Nos hommes politiques se tapissent dans leurs tanières et adoptent des situations qui renseignent sur leur stratégies (s’ils en ont) et se prêtent à des jeux malsains prenant en otage le peuple par le mensonge ( sur les performances réalisées sous le règne de Bouteflika)et la duperie ( par la manipulation éhontée des chiffres sur une prétendue croissance de l’économie nationale) mélangé à l’hypocrisie politique pour garantir leur survie dans l’arène nationale. Il est vraie que le pouvoir dispose d’une arme qui s’est révélée efficace, c’est celle de la télévision nationale et d’une méthode sans faille : le verrouillage de l’audiovisuel et l’expérience de la campagne électorale de 2004 est là pour dissuader le plus réfractaire des politiques. Cette expérience est restée ancrée dans les esprits comme un épouvantail devant les hommes politiques qui craignent pour leur avenir politique.
Le courage politique a ses risques que les hommes politiques ne veulent pas prendre. Sont-ils à ce point loin de leur électorat qu’ils appréhendent leur audience ? Donc le problème se situe dans l’ancrage des formations politiques au sein de la population et non dans le discours politique. Il s’agit donc de convaincre politiquement et combattre stratégiquement pour s’imposer dans la société. Ces formations politiques ont-elles une stratégie et une politique pour s’imposer et imposer leur politique dans le pays. Si les partis politiques n’arrivent pas à s’imposer c’est que leur concurrent le, fln, demeure, malgré le pluralisme de façade, l’institution qui symbolise à la fois le pouvoir, l’Etat, le régime et la révolution,et, surtout, qui dispose encore le pouvoir de distribution de la rente qui permet l’accès aux postes de responsabilité assimilé à l’Etat. Il n’y a qu à voire les luttes intestines récurrentes qui enveniment la vie de ce parti. Sa présidence revient au chef de l’Etat qui est l’homme omnipotent qui fait et défait les décisions et auquel on a recoure à n’importe quelle occasion et pour n’importe quelle cause ; une preuve ? Les pétitions que publient les journaux qui vont des comités de quartier qui lui demandent d’intervenir auprès des autorité locales pour des problèmes de proximité tels que l’adduction au gaz de ville ou la réfection des trottoirs, aux personnes démunies pour la prise en charge de leurs enfants malades. Une survivance du Zaïm dans la culture arabe. Ce parti qui a toujours existé par les avantages matériels et politiques qu’il procure à ses militants, assimilé à l’administration, ajouté à l’inculture politique et le discours populiste des responsables du fln qui ne cessent de « harceler » les citoyens par des slogans obsolètes mais qui collent par leurs symbolique et leurs référence au mythe de la révolution.
Cette réalité n’est pas une injure à la révolution mais les méthodes de gouvernance et de gestion de la chose publique doivent être en symbiose avec la nature du pouvoir et l’étape historique que ce lui-ci doit affronter car nous craignons de rester à la traîne des nations et de léguer aux générations futures (l’actuelle génération est naturellement appelée à disparaître qu’on le veuille ou non) une nation en retard politique difficile sinon impossible à combler.
Le seul acteur de la vie politique reste l’Etat symbolisé par Bouteflika.
Le ministre de la justice vient de déclarer à Oran que les délais d’instruction de la chambre d’accusation sont trop longs, sans parler de lenteur. Le président de ladite chambre, qui est en même temps le président de la cour, lui rétorque que ce sont les expertises qui retardent les traitements des dossiers, réponse à laquelle le ministre réplique : « les expertises ne doivent pas durer plus de 6 mois ».
Si le ministre n’était pas un ancien juge; donc qui connaît parfaitement les procédures et les compétences de chaque partie au procès, nous aurions conclu à un manque de professionnalisme; mais force est de constater 1) la recherche de la quantité de dossiers traités au détriment de la qualité des décisions rendues qui, les magistrats étant pressés par les délais, souffriront immanquablement de cette précipitation imposée 2) l’ingérence dans une profession libérale, l’expert, dont il critique les délais d’étude des dossiers alors que celui-ci n’est tenu que par le délai qui lui est imparti dans la décision le nommant et,3) Paradoxalement, il exhorte les magistrats à éviter les jugements par défaut ; c’est paradoxal parce que si le juge doit « expédier » les affaires, comme le recommande le ministre, il serait obligé de juger par défaut c'est-à-dire en l’absence d’une ou des parties ; mais éviter les jugements par défaut serait reporter indéfiniment les affaires jusqu’à la présence de toutes les paries. Le ministre s’est trouvé piégé par ses propres instructions – injonctions serait plus approprié- à savoir pas plus de « 3 reports en matière pénal et 5 en matière civil »; ce sont là les termes de l’instruction ministérielle adressée aux magistrats qui, malheureusement, se trouvent être « obligés » de respecter l’injonction pour préserver leur carrière de soubresauts dont les responsables algériens ont le secret et les magistrats récalcitrant ou « trop » légalistes ou jaloux de leur indépendance l’ont vérifié au dépens de leur famille et de leur stabilité voire, tranquillité.
Ce qui parait aberrant pour celui qui ne connaît pas la mentalité du responsable politique algérien c’est que celui-ci parle de l’indépendance de la justice comme une panacée, une preuve de démocratie alors que de l’autre coté des injonctions de ce que l’on vient de voire constituent un empiètement, une intrusion flagrante du pouvoir exécutif dans les missions du pouvoir judiciaire. Pour comprendre ce qui précède il faut remonter au temps du parti unique lorsque la justice était, constitutionnellement, considérée comme une « fonction ». Les mentalités n’ont pas suivi et les responsables ne se sont pas encore départis de ce « principe » aidés en cela par le comportement des politiques qui se plaisent à distribuer des ordres sans se soucier du respect des formes imposées par la démocratie qui, heureusement, nécessite une culture politique que,malheureusement, nos responsables n'ont pas. D’autre part, la démocratie est otage de pratiques populistes dont la plus répandue est celles qui consiste, pour un responsable, de donner des ordres en publique de préférence devant les caméras de la télévision d’Etat qui se plait à les diffuser à des heures de grande écoute,destinés à amadouer des couches sociales qui pèsent par le nombre quand il s’agit de décisions importantes, électorales et qui constituent des risques de violence et manifestations manipulées dont les conséquences matérielles, politiques et sociales sont très importantes ; Octobre 1988 est toujours présent dans les esprits. Donc le ministre de la justice ne fait que se plier à cette pratique au détriment de l’efficacité juridique et juridictionnelle.
En conclusion, cette digression aurait pu être étayée d’articles de la constitution et autres codes de procédures pénal et civil qui sont les seuls instruments du juge auxquels il est soumis en principe. Principe, malheureusement remis en cause par ce qu’on vient de voire.Mais, citer les articles de la constitution et des codes qui renforcent l'indépendance de la justice on cour le risuqe de tomber dans le piège des dirigeants politiques qui citent ces principes comme des "acquits démocratiques" tout en les piétinant dans leurs activités quotidiennes. le juge se trouve dans la situation d'une équipe de football qui court derrière le résultat sans y arriver dans la précipitation confondue avec rapidité. Le résultat c'est incontestablment la médiocrité. Celle ci ne peut être accolée au juge mais est le résultat de son travail quelque soit sa compétence par la faute des injontions "ministérielles".
Au risque d’être traité de pessimiste et de n’entrevoir pas de solution à cette pratique, au vu des conjonctures et les adaptations que nécessitent les changements surtout des mentalités, il est malheureux de dire que ce phénomène a de beaux jours devant lui.
Coup sur coup voilà que le responsable de la cordination nationale des enfants de chouhadas( martyrs de la guerre d’Algérie) dans Liberté du 17/18 Aout 2007 et le responsable des moudjahidines(cambattants de la même guerre) se plaignent « de la domination des harkis dans l’administration algérienne ». Mais le responsable des enfants de chouhadas va plus loins parce qu’il donne un chiffre :540 est le nombre de « hautes fonctions » occupées par les harkis selon m. khaled bounedjma.. Alors, une question simple : ce pouvoir des harkis ;Est-ce une chimère ou une réalité ?
Nous pensons à notre humble avis qu’il y a une équivoque à évacuer c’est celle du vocable harki qui tend à regrouper toutes les personnes qui avaient collaboré ou souscrit de quelque manière que ce soit à la politique coloniale de
Après l’ouverture du champs médiatique et politique en 1990, des personnalités de la « famille révolutionnaire » même s’étaient élevé contre le « phénomène des faux moudjahidines ».Parmi ceux-ci le plus connu est Mellouk, un haut fonctionnaire du ministère de la justice qui a dénoncé ces « faussaires » au sein de ce même ministère mais qui a été condamné par la justice pour, semble t-il, dénonciation calomnieuse. Alors quelle est la part de vérité dans ce débat ?
Il nous semble de prime abord que ce débat est motivé par les immenses avantages financiers (montants exorbitant des pensions, prêts non remboursables ou remboursés par le trésor public), matériels (distribution de terrains, locaux, véhicules, entreprises)des exonérations et exemptions diverses(gratuité des transports, licences de véhicules et d’exploitation de commerces et services tels que cafés,hotels et taxis)exemptions ( de l’examen d’entrée à l’université ou octroi de notes supplémentaires pour leur faciliter l’entrée à l’université, attribution de notes de bonification pour accéder aux fonctions publics, réduction des délais etc…)avantages aux fonctionnaires : promotion plus rapide, facilité d’accès à des emplois supérieurs, retraite plus avantageuse en délais et financièrement. Exemple: si vous êtes inspecteur et qu'un concours pour accéder au grade d'inspecteur principal et que vous vous trouvez en concurence avec un enfant de moudjahid, eh bien sachez que celui-ci est dispensé du concours c'est à dire qu'il accède directement au dit emploi sans passer par le concoours même si vous prouvez que vous êtes plus compétent .
Ces immenses avantages doivent faire l’objet d’une étude économique approfondie pour mesurer l’étendu des dépenses occasionnées au trésor public par de tels privilèges. A cette occasion nous vient à l’esprit un documentaire sur les anciens révolutionnaires vietnamiens dans lequel un grand responsable de cette révolution vivait modestement et s’en réjouissait. De plus cette catégorie de citoyen est dispensée de justifier de sa fédèlité « à l’esprit de la révolution du 1er Novembre 1954 » comme l’exigeait le fameux article 120 des statuts du FLN, qui est toujours en vigueur contrairement à l’apparence, soit directement soit par son introduction dans le code électoral, pour justifier que le candidat à la présidence de la République (s’il est né avant le 1er Juillet 1942) ou ses parents(s’il est né après cette date) n’avaient pas eu « une attitude contraire à la révolution du 1er Novembre 1954 ».
Donc on voit bien que la cause de cette levée de bouclier n’est pas motivée par l’intérêt du pays mais par les avantages et privilèges que l’Etat – le régime représenté par « la famille révolutionnaire »- a créé depuis l’indépendance. Donc c’est la rente distribuée qui pousse les « dénonceurs » à cette « provocation ». Pour s’en convaincre il n’y a qu’à regarder le budget alloué au ministère des moudjahidines qui est le 3eme après celui de la défense et de l’éducation nationale dont les montants sont surtout justifiés par les salaires des effectifs constituant la majorité de la fonction publique alors que le montant réservé au ministère des moudjahidines est destiné uniquement au payement des pensions exorbitantes servis aux moudjahidines,leurs veuves et filles, veuves et filles de martyrs( celles-ci même mariées ont droit à cette pension).
Il faut à ce propos dire qu’au sein même de la « famille révolutionnaire » les « dénonceurs » opèrent une différenciation entre les militaires hauts gradés de l’armée qui avaient servis dans les rangs de l’armée française et déserté celle-ci pour rejoindre l’aln et ceux qui avaient rejoint le maquis directement, pour la plupart des paysans qui avaient souffert de la domination coloniale et ils reconnaissent implicitement mais parfois explicitement le mérite de ceux ci par rapport à ceux là car expliquent-ils les 1er avaient bénéficié des « bienfaits » de la colonisation pour la plupart, fils de hauts dignitaires indigènes à l’époque de la colonisation : caïds,députés,hauts fonctionnaires….mais ceux-là rétorquent qu’ils avaient abandonné tout le confort que leur procurait le colonialisme pour rejoindre la révolution. Réponse à laquelle répliquent les « moudjahidines des djebels » que leur adhésion à la révolution avait été tardive et ce n’est que lorsqu’ils avaient constaté que la victoire de la révolution était inéluctable qu’ils l’avaient rejoint. Ce qui n’a pas toujours été le cas mais la critique en Algérie a tendance à généraliser parce que la majorité des citoyens qui suivent ce débat ne connaissent que rarement les biographies des hommes politiques parce que le régime a toujours rechigné à « dévoiler » les biographies des hommes politiques qu’il se plais à maquiller en cachant carrément des pans entiers de leur vie et l’exemple est celui de la biographie officielle du président Bouteflika qui est amputée du lieu de naissance tout simplement parce qu’il est né à Oujda au Maroc. Ors, d’après les décideurs, dire que Bouteflika est né à Oujda introduirait un doute dans l’esprit des algériens que leur président est… marocain.
Pour revenir au sujet des harkis, il avait toujours été considéré comme un argument de débat « par défaut » par les politiques algériens issus de « la famille révolutionnaire » et nous nous rappelons la réponse de Bouteflika sur France 2 sur le retour des harkis qui avaient choisi
On remarquera que le sujet de la puissance des harkis dans l’appareil administratif algérien reste à prouver ; mais les dirigeants politiques algériens continuent à en faire cas, 45 ans après l’indépendance. Ce qui nous parait à nous une diversion politique est en réalité destiné à une consommation interne mais aussi est dirigé vers la population algérienne prête à la digérer pour des raisons politiciennes tenant à l’aura et au prestige « de la glorieuse révolution et du pays des 1,5 million de martyrs » dont ne se sont pas départis cette catégorie de la population qui constitue la majorité du fait de sa disponibilité intellectuelle et politique découlant d’abord de l’étroitesse des visions imposée par le système de communication basée sur la chaîne unique de télévision et la radio nationale, malgré la percé des chaînes satellitaires et les journaux indépendants qui ne peuvent être lus par cette catégorie à cause de son niveau intellectuel (il y a selon les déclarations d’officiels algérien plus de 8 millions d’analphabètes).
En conclusion on peut dire que le sujet des harkis est un argument politique pour les tenants du régime qui le perpétuent afin de se maintenir parce que ce régime est actuellement dans sa phase de décadence et en décalage avec les réalités sociopolitiques du pays il essaie par cet argument mythique d’assurer sa transition vers la composante de la génération qui répond le mieux à ses intérêts politiques et économiques c'est-à-dire les héritiers de « la famille révolutionnaire » : les enfants de martyres et de moudjahiddines(combattants de la révolution).